En clinique, on me pose régulièrement la même question. Doit-on mettre de la chaleur ou du froid sur une blessure? Nous voyons différents opinions entre thérapeutes de la santé, et ce parfois de même profession!

Alors, qu’en pensez-vous? Du froid ou du chaud?

Thermothérapie

L’étymologie de la thermothérapie nous vient du grec « thermos » signifiant « chaleur ». Pour le froid, nous utilisons un terme plus rare à l’oreille la cryothérapie, soit la « thérapie par le froid ».

De grands mots pour parler de la thérapie du froid et du chaud.

Commençons par le froid

Voici que se produit dans notre corps lorsqu’on applique du froid directement sur une blessure:

une vasoconstriction du système circulatoire, ce qui fait chuter la circulation;
une diminution du métabolisme local;
une réduction de la capacité contractile et d’élasticité musculaire;
un ralentissement de la vitesse de conduction nerveuse.

Alors, en résumé, j’applique le froid pour limiter les dommages (exemple bébé se cogne, papa s’est viré la cheville en marchant sur jouet de bébé ou bien maman a un mal de tête infernal suite à toute cette cacophonie)

L’effet analgésique du froid provient de la combinaison d’une réduction de sang dans la région et d’un engourdissement nerveux. Vous éprouverez, certes, moins de douleur, mais malheureusement cette diminution n’est qu’une illusion.

La règle générale consiste à appliquer du froid dans les vingt-quatre à quarante-huit heures après un trauma afin de pacifier le processus inflammatoire. Passé ce stade, il devient contreproductif. La vasoconstriction s’assure que l’inflammation ne s’aggrave pas, mais empêche la portion d’inflammation qui a réussi à s’installer de se résorber puisque sa porte de sortie se retrouve fermée. Et la diminution du métabolisme local ralentit le processus de guérison, ce qui ne nous aide point…

Bref, les blessures et l’inflammation récentes.

Pour la thermothérapie, la chaleur.

Voyons ces effets sur notre corps:

une vasodilatation du système circulatoire, donc une augmentation de la circulation;
une augmentation du métabolisme local;
un accroissement de l’élasticité musculaire;
une relaxation et une diminution des effets du stress par l’atteinte d’une zone de confort.

Donc j’applique de la chaleur pour…

encourager la circulation et ainsi faire le ménage. La chaleur excelle pour résorber les inflammations déjà installées. L’apport liquidien crée un remuement, ce qui évite la stagnation des liquides en les poussant délicatement vers la porte de sortie, qui demeure grande ouverte. En plus, l’augmentation de la circulation et du métabolisme local facilite le processus de guérison.

La chaleur excelle aussi, par son efficacité sur la vasodilatation du système circulatoire, à diminuer les tensions occasionnées par soit le surmenage, la mauvaise posture ou bien d’autres raideurs musculaires.

La thérapie par la chaleur demeure efficace comme auto-traitement et aussi pour la relaxation. Elle apaise nos douleurs tout en étant réconfortante.

Attention!

Une application de chaleur sur un trauma frais, comme la foulure d’une cheville, est un moyen assuré pour que la lésion enfle davantage et cause des dommages collatéraux. Sortez votre glace dans cette situation.

Quand les deux thérapies s’unissent

Quand l’inflammation s’obstine et refuse de se résorber ou lorsque le processus inflammatoire nécessite une intervention plus agressive, nous effectuons ce que nous appelons communément un « pompage ». Il s’agit simplement d’une application de chaud et de froid en alternance. La succession de vasoconstrictions et de vasodilatations crée un mouvement de pompage qui maximise la résorption liquidienne.

Comme quoi deux forces contraires qui s’unissent peuvent venir à bout d’un ennemi commun et apporter de meilleurs résultats.

En conclusion, n’hésitez pas utiliser le chaud et le froid au quotidien. C’est un excellent moyen de demeurer loin du docteur et de la médication prescrite. Utilisez des coussins confortables et ergonomiques. Ils peuvent être versatiles mais aussi adaptés pour différentes parties du corps. Suivez les règles de base pour la durée mais surtout pour l’utilisation, vous verrez vos petits et vos gros bobos disparaitront. L’essayer, c’est l’adopter!

Sébastien Bolduc
Orthothérapeute
Kinésithérapeute
Massothérapeute