Les gens me demandent souvent s’il vaut mieux appliquer du chaud ou du froid sur leur blessure. Ce n’est effectivement pas toujours évident de savoir ce qui accélérerala guérison et diminuera la douleur. La plupart des gens en savent très peu sur ce que le froid et le chaud engendrent comme réaction dans notre corps. C’est pour cela qu’il est difficile pour eux de faire le bon choix. Essayons de démystifier la différence entre les deux traitements.

Commençons par le froid.

Voici ce qui se produit dans notre corps lorsqu’on applique du froid sur une blessure :

  • le phénomène de la vasoconstriction, c’est-à-dire la diminution du diamètre des vaisseaux sanguins, et la diminution de l’activité cellulaire, ce qui réduit la circulation, donc aussi l’inflammation;
  • une diminution de l’élasticité et de la flexibilité des muscles;
  • le ralentissement de la vitesse de conduction nerveuse (sensation d’engourdissement) donc une diminution de la douleur.

Des exemples de blessures où le froid sera votre allié ? Une ecchymose (ou prune, en bon québécois), une foulure, une entorse, un mal de dent, une poussée d’arthrose, un mal de tête…

Pour certaines douleurs, le froid d’une compresse de grains sera amplement suffisant (par exemple un mal de tête ou un nerf douloureux dans le dos). Par contre, pour certaines situations comme une foulure de cheville, les compresses de grains ne seront pas assez froides, alors il vaut mieux opter pour la glace ou une compresse de gel.

Attention ! Si vous utilisez de la glace ou une compresse de gel (recouverte de plastique), évitez de les mettre directement sur la peau pour éviter les brûlures par le froid ou les engelures. Les compresses de grains (recouvertes de tissu) ne comportent pas ce risque car le froid est moins intense, vous pouvez donc les appliquer directement sur la peau.

Le temps d’application est généralement de courtes périodes (maximum 15 minutes) en répétant à chaque heure, ou plusieurs fois par jour, au besoin. Il faut appliquer le froid dès que possible après la blessure afin de diminuer le processus inflammatoire.

Alors, en résumé, on applique le froid pour limiter les dommages suite à une montée d’inflammation et de douleur. Un peu comme pour calmer le volcan… Mais il est important de cesser d’appliquer du froid 24 à 48 heures après la blessure, car l’effet vasoconstricteur empêchera la blessure de se résorber.

 

Continuons avec le chaud.

Évidement, l’effet du chaud sur le corps est à l’opposé de celui du froid :

  • une vasodilatation du système circulatoire (c’est-à-dire l’augmentation du diamètre des vaisseaux sanguins) donc une augmentation de la circulation;
  • une augmentation de l’élasticité et de la flexibilité des muscles;
  • un relâchement des tensions musculaires.

Les muscles se détendent, se relâchent, et la circulation des liquides est facilitée par la vasodilatation. La chaleur est donc très efficace pour soulager les courbatures, les raideurs musculaires, les torticolis, les maux de ventre, les crampes menstruelles, et facilitera l’allaitement. La chaleur crée aussi un effet de ménage car l’augmentation de la circulation aide aussi l’évacuation des ‘’déchets’’ accumulés dans le muscle et de l’inflammation installée depuis un certain temps. Évitez de mettre de la chaleur sur un trauma récent, comme une foulure ou une entorse. Nous parlons ici d’une inflammation qui date de plusieurs jours et qui a besoin d’aide pour se résorber.

La chaleur excelle aussi à se détendre et diminuer notre stress. Après une grosse journée de travail, elle apaise nos douleurs tout en étant réconfortante. Le sommeil vient plus facilement lorsque nos muscles sont détendus et que nos pieds sont bien réchauffés.

Le temps d’application doit être raisonnable, même si la compresse est très confortable. Il faut environ 20 à 30 minutes maximum pour que les effets soient optimaux. Dépassé ce temps, les effets risquent d’être contre-productifs.

Quand les deux thérapies s’unissent

Dans certaines situations, l’union des deux thérapies fait la force. On appelle cette combinaison le pompage. Comme les effets de la chaleur et du froid sont opposés, la succession de la vasodilatation et de la vasoconstriction crée un va-et-vient qui aide grandement à évacuer les liquides.

En conclusion, n’hésitez pas à utiliser le chaud et le froid au quotidien. C’est un excellent moyen de demeurer loin du médecin et de la prise de médicaments ! L’achat de compresses confortables et ergonomiques sera un très bon investissement car elles vous dureront des années si vous en prenez soin. Suivez bien les modes d’emploi recommandés par le fabriquant pour apprécier en toute quiétude la thérapie par le chaud ou par le froid.

 

Sébastien Bolduc

Orthothérapeute, kinésithérapeute & massothérapeute