Je m’appelle Marie-Jeanne et j’ai 46 ans. Dès mes 11 ans, j’ai su que j’allais être designer de mode. J’ai créé mon premier croquis en prenant soin de noter les codes de couleurs de mes Prismacolor de l’époque.

Après mes 3 ans d’études, j’ai lancé ma propre marque : Lune Noire.

J’étais jeune, créative, fonceuse. J’ai démarché moi-même pour que la collection soit distribuée dans plusieurs villes du Canada. J’ai coordonné plusieurs défilés et séances photos professionnelles.

J’adorais mon métier, mais après 7 ans, je devais admettre que j’étais fauchée et que le désir de fonder une famille avec mon amoureux avait pris le dessus. Il était temps de tourner la page.

J’ai eu plusieurs emplois pour de belles entreprises d’ici, telles que la Maison Simons et Myco Anna. J’ai appris énormément, davantage que pendant mes années d’études.

Ma nouvelle vie m’a permis de trouver une stabilité financière et de fonder ma famille.

Mais après 7 ans, j’ai eu besoin de retrouver ma liberté.

J’ai donc quitté mon emploi pour repartir de zéro. Cette année-là, nous avons traversé le Canada jusqu’à l’île de Vancouver avec nos 3 enfants. Un road trip de 55 jours qui marquera ma vie à jamais.

J’appelle cet été l’école de la vie et de la liberté. Découvrir notre pays en personne vaut mieux que 100 cours de géographie.

À notre retour, j’ai monté mon portfolio pour créer ma clientèle et travailler comme designer et patronniste à la pige.

J’ai travaillé sur des projets produits ici, au Québec, ainsi qu’en Asie. Mes mandats étaient très variés, passant de la robe de soie haut de gamme au streetwear audacieux.

Puis, mon conjoint et moi avons eu envie de créer une entreprise ensemble, en reliant nos métiers et nos expériences sous un même projet.

C’est là qu’est née Amma Thérapie.

Dès la première année, nous avons déniché une trentaine de points de vente.

Notre entreprise se portait bien et les ventes étaient en croissance chaque année. Puis, le Covid est arrivé…

Les ventes de masques de protection ont explosé, ce qui a sauvé l’entreprise du ralentissement économique.

Par la suite, l’engouement pour l’achat local et le bien-être a fait croître l’entreprise comme jamais.

Notre sideline exploité dans un sous-sol est devenu un travail à temps plein pour nous deux. Il était temps de chercher un grand local commercial pour travailler dans un espace fonctionnel et professionnel.

Peu à peu, j’ai réalisé la chance que j’avais de travailler dans un domaine où le bien-être et la santé sont au cœur de nos priorités. Cela concorde parfaitement avec mes valeurs et mes choix de vie.

L’industrie du vêtement est saturée et la compétition est incroyablement difficile.

Et vous savez quoi? Ça ne me manque pas vraiment.

La morale de cette histoire?

Je dirais qu’il faut savoir adapter notre carrière à notre rythme de vie et à nos besoins.

Notre chemin n’est pas toujours celui qu’on avait imaginé à 11 ans.

Faire confiance à la vie, en sachant qu’elle nous emmènera peut-être au bon endroit, si l’on prend le bon bateau et que l’on rame vers quelque chose qui a du sens à nos yeux.

Et vous, est-ce que votre parcours professionnel ressemble à ce que vous aviez imaginé quand vous étiez jeune?

 

Marie-Jeanne Gauthier

Co-fondatrice et designer